Madame Berlusconi compte demander le divorce
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 03.05.09 | 17h25
Après trente ans de vie commune, Veronica Lario veut partir.
C'est un feuilleton comme l'Italie les aime. Et qui pourrait se terminer de façon "douloureuse", reconnaît Silvio Berlusconi lui-même. A en croire plusieurs médias de la Péninsule, l'épouse du premier ministre italien, lassée des frasques extraconjugales de son mari, a l'intention de demander le divorce.
"J'ai été forcée de prendre cette décision, je ne tiens pas à ajouter quoi que ce soit", a déclaré Veronica Lario-Berlusconi au journal La Stampa. Le quotidien La Repubblica et l'agence de presse italienne Ansa reprennent eux aussi l'information. Les deux quotidiens assurent que Veronica a déjà contacté une avocate de confiance et donné des instructions pour que la procédure de divorce débute le plus rapidement possible.
En début de semaine, Veronica, qui s'était déjà plainte par le passé de l'attention que porte le président du Conseil aux femmes jeunes et de préférence jolies, s'en était prise au souhait de son mari de placer sur la liste de son parti aux élections européennes de jeunes starlettes de la télévision et du show-business.
JEUNE BLONDE ET STARLETTES
Il semble cependant que ce soit la participation, il y a une semaine, de Silvio Berlusconi à la fête donnée pour le dix-huitième anniversaire d'une belle jeune fille blonde, à Naples, qui ait fait déborder le vase : selon Veronica Lario, "Il Cavaliere" n'a jamais assisté aux fêtes d'anniversaire de ses enfants. "Mon mariage est terminé. Je ne peux pas rester avec un homme qui fréquente des mineures", a dit Veronica Lario à une de ses amies, selon La Repubblica.
Silvio Berlusconi, 72 ans, et Veronica Lario, 52 ans, se sont rencontrés en 1980 et se sont mariés civilement 10 ans plus tard, le chef du gouvernement étant divorcé. Berlusconi a eu trois enfants avec Veronica et deux autres d'un premier mariage. Veronica Lario, qui n'est quasiment jamais présente aux côtés de son mari, l'avait déjà attaqué il y a deux ans pour avoir présenté ses compliments en public à une jolie femme, en adressant une lettre ouverte à la presse. "Ce qui se passe aujourd'hui en Italie, derrière une façade de courbes et de beautés féminines, est grave", écrivait-elle. Cela, insistait-elle, est une offense faite à toutes les femmes et notamment à celles qui se sont battues "en première ligne" pour l'égalité hommes-femmes.
"UNE QUESTION POLITIQUE"
L'annonce d'un éventuel divorce a immédiatement suscité de nombreuses réactions en Italie. "Veronica se confirme comme étant le vrai chef d'opposition en Italie. Pour le chef d'un mouvement qui soutient la famille et les valeurs chrétiennes, l'échec de son propre mariage représente un échec politique", a commenté Vittorio Sgarbi, ancien député du parti de Silvio Berlusconi.
Le principal mouvement d'opposition, le Parti démocrate est divisé entre ceux qui, comme Luigi Zanda, estiment qu'il faut "dissocier les luttes politiques des affaires personnelles", et ceux qui pensent le contraire. "Sortons de l'hypocrisie et disons-le clairement : le divorce de Berlusconi est une question politique. La personne qui le connaît le mieux dit 'il ne se sent pas bien' ou 'il sort avec les mineures'", a commenté Mario Adinolfi, membre de la direction du Parti démocrate.
Dans un communiqué de deux lignes diffusé par ses services, le chef du gouvernement s'est réfugié dans un quasi-silence, évoquant "une affaire personnelle douloureuse, qui rentre dans la sphère du privé et dont il me semble bon de ne pas parler".